Résultats intermédiaires sur les 658 premiers patients de l’étude PRAISE (Patient-Reported AutoImmunity SEcondary to cancer immunotherapy) : étude de cohorte prospective multicentrique pour le suivi des manifestations auto-immunes sous immunothérapie
E. Sebbag (1) ; N. Cloarec (2) ; I. Monnet (3) ; A. Najem (4) ; S. Rajpar (5) ; T. San (6) ; M. Porneuf (7) ; P. Barthelemy (8) ; C. Rizzo (9) ; J. Meunier (10) ; L. Chauvenet (11) ; A. Darut-Jouve (12) ; S. Falkowski (13) ; JF. Paitel (14) ; L. Geoffrois (15) ; N. Litrowski (16) ; A. Cannelas (17) ; A. Dixmier (18) ; M. Pracht (19) ; S. Martinez (20) ; D. Debieuvre (21) ; S. Oudard (22) ; C. Le Foll (23) ; J. Lallier (24) ; B. Auberger (25) ; R. Kaphan (26) ; F. Meniai (27) ; F. Lai-Tiong (28) ; J. Cadranel (17) ; L. Weiss (29) ; S. Nancey (30) ; T. Aparicio (31) ; C. Chouaid (3) ; N. Hamamouche (32) ; H. Servy (32) ; G. Desjeux (33) ; C. Arnold (34) ; E. Sauleau (35) ; N. Sedmak (36) ; JE. Gottenberg (34) 
(1) Service de rhumatologieHôpital de Hautepierre - Hôpitaux Universitaires de StrasbourgStrasbourg; (2) Service onco-hématologieC.H. D’AvignonAvignon; (3) Service de pneumologieC.H. Intercommunal CréteilCréteil; (4) Service d'oncologie médicaleC.H. de Boulogne sur MerBoulogne-sur-Mer; (5) Service d'oncologieHôpital Louis PasteurLe Coudray; (6) Service d'oncologie médicaleCORT37Chambray-lès-Tours; (7) Service de pneumologieC.H. de Saint BrieucSaint-Brieuc; (8) OncologieICANS - Institut de cancérologie Strasbourg EuropeStrasbourg; (9) Service d'oncologie médicaleHôpital René DubosPontoise; (10) Service d'oncologie médicaleC.H. Régional D'orléans Hôpital de La SourceOrléans; (11) Service d'oncologie médicaleHôpital Hôtel-Dieu AP-HPParis; (12) Service d'oncologie médicaleInstitut de Cancérologie de BourgogneDijon; (13) Service d'oncologie médicalePolyclinique de LimogesLimoges; (14) Service d'oncologieCHI Fréjus/Saint-RaphaëlFréjus; (15) Oncologie médicaleInstitut de Cancérologie de Lorraine - Alexis VautrinVandœuvre-lès-Nancy; (16) Service d'oncologie médicaleHôpital Jacques Monod (GHH)Montivilliers; (17) Service de pneumologieHôpital Tenon AP-HPParis; (18) Service d'oncologie médicaleC.H. Régional D'orléansOrléans; (19) Service d'oncologie médicaleC.H. de Saint-MaloSaint-Malo; (20) Service de pneumologieC.H. du Pays d'AixAix-en-Provence; (21) Service de pneumologieHôpital Emile MullerMulhouse; (22) Service d'oncologie médicaleHôpital Européen Georges Pompidou AP-HPParis; (23) Service d'oncologie médicaleGrand Hôpital de l'Est Francilien - Site de Marne-la-ValléeJossigny; (24) Service d'oncologie médicaleC.H. de LibourneLibourne; (25) Service d'oncologie médicaleCHU BrestBrest; (26) Service d'oncologie médicaleC.H. CannesCannes; (27) Service d'oncologie médicaleC.H. du docteur Jean Eric TecherCalais; (28) Service d'oncologie médicaleCentre hospitalier universitaire de la RéunionSaint-Pierre; (29) Service d'immunologie cliniqueHôpital Européen Georges Pompidou AP-HPParis; (30) Gastro-entérologieHôpital Lyon Sud - HCLPierre-Bénite; (31) Service d'hépato-gastro-entérologieHôpital Saint-Louis AP-HPParis; (32) E-health servicesSANOÏA e-Health services Digital CRO (Main office)Aubagne; (33) Chief data & medical directorSanoïaGémenos; (34) RhumatologieCHU de StrasbourgStrasbourg; (35) Santé publique et biostatistiquesHôpitaux Universitaires de StrasbourgStrasbourg; (36) RhumatologieHôpitaux Universitaires de StrasbourgStrasbourg
Introduction

Dans l'immunothérapie contre le cancer, l'activation des lymphocytes T peut favoriser l'émergence de manifestations auto-immunes, les OASI (Opportunistic Autoimmunity Secondary to cancer Immunotherapy) (1). Leur épidémiologie est mal connue en vie réelle en raison du « reporting » inadapté des essais cliniques, du faible nombre d’études observationnelles sur le sujet, et du cloisonnement du système de santé. De plus, les analyses disponibles dans la littérature s’intéressent principalement aux OASI les plus sévères, ayant entraîné une hospitalisation, ou à des OASI spécifiques (myocardite, atteinte rhumatologique par exemple). L’objectif principal de cette étude est de déterminer à l’aide d’une cohorte prospective et multicentrique, l’incidence, la sévérité et les conséquences des OASI de tous grades, observées par les patients qui initient une immunothérapie du cancer.

Résultats

Il s'agit d'une étude de e-cohorte française, en vie réelle, longitudinale, observationnelle, prospective et multicentrique. 900 patients traités par ipilimumab et/ou nivolumab seront inclus. Une collecte de données est faite auprès de l’oncologue et du patient à l'inclusion puis les patients rapportent directement les signes évocateurs d’OASI à l’aide de questionnaires numériques mensuels. En cas de suspicion d’OASI, ces évènements sont validés auprès des médecins en charge des patients et, prochainement par une analyse appariée du Système National De Santé (SNDS).​​

Discussion

Au 26/08/22, 658 patients ont été inclus. 465 hommes (70.7%) et 193 femmes (29.3%), avec un âge moyen de 66 ans ont un suivi médian actuel de 198 jours (376 patient/années). 499 patients (75.8%) sont traités par Nivolumab seul, 8 (1.2%) par Ipilimumab seul et 151 (22.9%) par une combinaison Nivolumab + Ipilimumab. 35% des patients sont traités pour un cancer pulmonaire, 25.2% pour un carcinome rénal à cellules claires, 23.3% pour un mélanome, 9 5% pour un carcinome épidermoïde ORL et 7% pour un autre type histologique. 177 patients (26.9%) sont décédés depuis le début du suivi. A la date de l’analyse, 77 patients (11.7%) ont développé 115 OASI (30,5 OASI/100 patient/années). Le délai moyen entre le début de l’immunothérapie et l’OASI est de 155 (+/- 128) jours. Les OASI rapportées sont pour environ 30% rhumatologiques parmi lesquelles ACG (1), polyarthrites (3), PPR (4), sarcoïdose (1), myosite (1), lupus systémique (1), rhum. psoriasique (1), arthralgies (8), myalgies (4), syndrome sec (3). Les autres OASI rapportées sont : colite (15), hépatite (8), pancréatite (2), iléite (1), myocardite (2), néphrite (2), pneumopathie immuno-induite (3), syndrome d’activation macrophagique (1), diabète de type 1 (2), hypophysite (3), insuffisance surrénalienne (9), dysthyroïdie (15), pemphigoïde bulleuse (1), uvéite (1) et d’autres manifestations auto-immunes (23). L’immunothérapie a été arrêtée chez 40 patients à cause de l’OASI. 44 patients (57.1%) ont été traités par corticoïdes, 1 patient par méthotrexate (rhumatisme psoriasique), 3 patients par infliximab (colite) et 1 patient par abatacept (myocardite). 1 patient est décédé suite à une OASI (colite).

Conclusion

Les résultats préliminaires de cette étude prospective, utilisant une méthodologie originale centrée sur le patient, confirment l’incidence attendue d’évènement auto-immuns secondaires à l’immunothérapie. La poursuite des inclusions et l’appariement au SNDS permettront de compléter ces premières analyses.

  • (1) Kostine M, Chiche L, Lazaro E, et al. Opportunistic autoimmunity secondary to cancer immunotherapy (OASI): An emerging challenge. Rev Med Interne. 2017;38(8):513-525. doi:10.1016/j.revmed.2017.01.004